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vendredi 25 septembre 2020 LE FIGARO - N° 23 672 - Cahier N° 4 - Ne peut être vendu séparément- www.lefigaro.fr

Figaro Demain COLIVING

CONSIGNE

LES JEUNES SONT SÉDUITS

LES COSMÉTIQUES S’Y METTENT PAGE 48

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Le développement durable à l’épreuve de la crise SARAYUT TANERUS/SARAYUT_SY - STOCK.ADOBE.COM; OOLUTION; 346398881/GOODLUZ - STOCK.ADOBE.COM

À l’occasion de la Semaine européenne du développement durable, « Figaro Demain » met en avant des projets innovants à impact.

Du consommateur au « consom’acteur » ACHATS Tiraillés entre nouvelles exigences de transparence et engouement aux effets néfastes pour l’e-commerce, les Français vont devoir faire des choix.

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inie, la malbouffe ? Pendant le confinement, les Français ont plébiscité les circuits courts et les petits producteurs locaux, voire leur potager. Certains ont redécouvert le plaisir des produits frais et de la cuisine maison. Mais cela exige d’avoir du temps. Or le chômage partiel ou même le télétravail ne sont plus qu’un lointain souvenir pour beaucoup. Et le prix redevient un critère d’achat central en période de crise. Le « made in China » jouit d’une mauvaise image, et certains ont compris qu’il valait mieux privilégier le recyclé ou acheter des articles « made in France ». Ce qui,

au-delà de soutenir notre économie, est souvent synonyme de qualité. Sans nécessairement faire mal au portemonnaie, à condition de consommer des produits bruts plutôt qu’ultratransformés. De plus, c’est meilleur pour la santé. Ce qui ne laisse pas insensibles les consommateurs de plus en plus exigeants et en demande d’une plus grande transparence, vu l’engouement pour des applications telles que Yuka ou le Nutri-Score. Une consommation plus vertueuse est possible, quel que soit le pouvoir d’achat, comme le montrent bien les conseils échangés sur le groupe Facebook

« Gestion budgétaire, entraide et minimalisme ». D’un autre côté, 63 % des Français ont multiplié leurs achats en ligne pendant le confinement et 87 % d’entre eux ont bien l’intention de continuer sur cette lancée, selon une étude Onepoll-Research pour DS Smith. De quoi entraîner un impact considérable sur leur empreinte carbone, non seulement du fait des serveurs informatiques mais surtout du transport. Alors, schizophrènes, les Français ? Entre sobriété environnementale et praticité, leur cœur balance. D’aucuns pourraient voir dans les sites de produits bio qui fleurissent, à l’instar du

Comptoir local, La Ruche qui dit oui ou Aurore Market, sortis grands gagnants de la crise sanitaire, l’opportunité de résoudre leur dilemme. À la grande distribution aussi de leur proposer une offre issue d’agriculteurs français au juste prix, comme le fait C’est qui le patron ?. Le site La Fourche lance même des produits bio vendus à un prix différent selon leur empreinte carbone. Un coulis de tomate peut ainsi varier de 3 à 1 euro pour un impact sur le climat divisé par 4. À un moment, les Français vont devoir choisir. De rester des consommateurs ou de devenir des « consom’acteurs ». C. M.

Pour une mondialisation heureuse

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ifficile de célébrer les cinq ans des objectifs du développement durable dans le contexte actuel. Comment être audible en évoquant ces dix-sept objectifs adoptés en 2015 par l’ONU dans le cadre de l’Agenda 21, pour préserver la santé, l’environnement ou lutter contre les inégalités à l’horizon 2030, dans un environnement aussi incertain ? À dire vrai, c’est bien au contraire plus que jamais le moment. De s’interroger pourquoi tous les progrès réalisés depuis vingt ans sont impuissants à apporter une solution efficace à cette crise majeure. D’écouter les 80 % de salariés qui aspirent à donner plus de sens à leur travail, quitte à changer de vie. De se demander comment on en est arrivé à voir les 150 billets du vol Qantas QF787 au départ de Sydney, le 10 octobre prochain, destination… Sydney sept heures plus tard, vendus en dix minutes, entre 500 et 2 300 euros. Même si certaines conclusions de la Convention citoyenne pour le climat ont provoqué des cris d’orfraie, nombreuses parmi ses propositions seront mises en œuvre. La France, dont l’objectif est de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030, peut d’ailleurs se targuer d’être le quatrième pays au monde pour ses avancées sur l’Agenda 21. Mais la transition a un coût : 20 milliards d’euros pour le pays d’ici à 2030. L’ingéniosité des entrepreneurs, dont nous présentons un panel dans ce supplément, peut réduire la facture. L’engagement des entreprises aussi. Car les entreprises à mission, dans le sillage de Danone ou Orange, créent de la valeur sur le long terme, en conciliant objectifs de profit et impact social et environnemental. Et la relance peut être durable. Tandis que Lagos, la capitale économique du Nigeria, est en train de s’ériger en véritable smart city, on ne peut pas décemment proposer la décroissance à des pays qui sortent de l’extrême pauvreté. Loin des incantations pour un monde de demain, il ne faut pas non plus sous-estimer les aspirations d’une grande partie des citoyens à retrouver le monde d’avant. Peut-être devrait-on repenser le collectif, enseigner la transversalité, réfléchir à de nouveaux outils d’intelligence collective au cœur de notre société. Autant de lacunes qui apparaissent comme criantes dans la perception de la cacophonie actuelle, y compris entre États. L’alliance des survivalistes – très occidentalo-centrés - et des nationalistes présente le risque d’un repli sur soi. Alors que la mondialisation est devenue pour certains un gros mot, il semblerait plus opportun de la réguler au service du bien commun. Pour une mondialisation heureuse. ■

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L’environnement est la seule chose que l’on n’expédie pas.

CAROLINE DE MALET

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Tristan Lecomte : « Ce sont les entreprises qui s’engagent le plus » ENVIRONNEMENT L’entrepreneur engagé livre son regard sur les actions menées en faveur du climat et de la biodiversité.

l’avenir sur la neutralité de leur empreinte (carbone, plastique, biodiversité…). Le coronavirus n’a-t-il pas mis en lumière le fait qu’il fallait protéger la biodiversité autant que le climat ? Les zoonoses sont liées à l’excès de trafic d’animaux sauvages. Plus il va y avoir de crises climatiques et sanitaires plus on va comprendre qu’il faut changer cela. De 80 à 90 % du braconnage d’espèces sauvages provient d’Asie, sans parler de l’Afrique et de la corruption. On a déjà tué 50 % de la biodiversité mondiale en quarante ans. Il faut réguler fortement les relations de l’homme à la biodiversité.

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igure de proue du commerce équitable avec Alter Eco (de 1998 à 2011) et de l’« insetting » depuis 2008 avec Pur Projet, Tristan Lecomte lance Second Life (recyclage du plastique des océans).

LE FIGARO. - Vous incitez les entreprises à faire de l’insetting avec Pur Projet. Quel est l’intérêt, comparé à la compensation carbone ? Tristan LECOMTE. - Le bénéfice va bien au-delà, car, avec cette approche, non seulement les entreprises compensent les émissions de C02 générées par leur activité, mais elles agissent aussi à tous les niveaux de leur propre écosystème. Pour Accor, le projet Plant for the Planet, qui incite depuis 2012 ses clients à réutiliser leurs serviettes, a généré 15 millions d’économies d’énergie, dont 50 % ont été affectées à planter 7 millions d’arbres, dont des oliviers qui fournissent le groupe en huile d’olive. Plus généralement, l’insetting valorise la qualité de leurs approvisionnements avec des solutions qui apportent de réels bénéfices économiques et sociaux à leurs fournisseurs. Par exemple, Nespresso, qui a compris qu’on ne faisait pas du bon café avec des sols dégradés, a planté 3 millions d’arbres depuis sept ans en partenariat avec les producteurs de Colombie, d’Éthiopie et du Guatemala.

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Dans ce contexte de crise, comment convaincre les entreprises

Tristan Lecomte. CHRISTIAN LAMONTAGNE / PUR PROJET

dont ce n’est pas la priorité ? C’est très simple. Planter un arbre coûte 3 dollars. Entre l’entreprise et ses différents fournisseurs, cela va générer 19 dollars de bénéfices par arbre et par an. Seuls 30 cents sont liés à la séquestration du carbone. Donc si une entreprise investit hors de son écosystème, elle récupère 30 centimes, et si elle investit dans son propre écosystème, ce sera 19 dollars. Le reste provient des revenus du bois, coupé au bout de vingt ans, de l’enrichissement des sols, de la captation d’eau de pluie (200 litres par an) par voie racinaire ou par interception des brouillards. Il faut que les entreprises comprennent qu’à terme investir pour le climat leur rapporte de façon directe ou indirecte. Velux, qui vient de s’engager avec le WWF pour une « neutralité carbone à vie », est taxé de « greenwashing ». Comment réagissez-vous ? Compenser les 5,6 millions de tonnes

de CO2 émises depuis sa création, c’est énorme, comme engagement ! Aucune entreprise ne va continuer à émettre inutilement des émissions en les compensant. L’un n’empêche pas l’autre, d’autant qu’il s’agit d’un engagement volontaire. Beaucoup préfèrent ne rien faire plutôt qu’être taxées de « greenwashing ». Seule 1 entreprise sur 10 000 environ le fait. Comment aller plus loin ? Si les consommateurs plébiscitent ces marques, les autres vont suivre. Ce sont les entreprises qui s’engagent le plus. Les États sont dans l’urgence sanitaire plus que dans les solutions, et nous sommes loin des engagements pris lors des Cop. La balle est dans le camp des particuliers, dont les convictions sont de plus en plus fortes. Mais il n’y a qu’à voir les réactions provoquées par l’idée d’une taxe carbone grand public en France pour comprendre les réticences. Il faut inviter tout le monde à changer le monde.

Comment limiter l’impact de l’e-commerce, dont l’essor ne se dément pas depuis le confinement ? Outre l’impact des serveurs informatiques, le vrai problème est la livraison. Les clients doivent savoir que, lorsqu’ils optent pour une livraison rapide, cela peut entraîner le fait qu’un camion roule uniquement pour leur colis, quasiment à vide. Sinon, le camion attend d’être plein pour partir. Vous lancez Second Life. En quoi consiste ce nouveau projet ? Nous récupérons et recyclons le plastique perdu dans les océans. Nous avons démarré avec Caudalie, et Clarins rejoindra le programme en 2021. Caudalie, qui donne 1 % de son chiffre d’affaires (soit 2 millions d’euros par an) pour planter 7 millions d’arbres, finance la collecte et le recyclage de 600 tonnes de plastique par an sur des îles au sud de la Thaïlande. Mon objectif est que les entreprises s’engagent à

Comment vivez-vous aujourd’hui ? Je suis marié à une Thaïlandaise. Nous avons développé en Thaïlande la Pur Farm, une ferme d’expérimentation agroécologique sur 3 hectares, pour tester et expérimenter ce que nous promouvons. Nous avons planté 1 200 arbres en neuf ans et diversifié les plantations avec du café, des arbres fruitiers, des plantes médicinales, ce qui a permis de multiplier par 3 le revenu de la ferme, dédiée auparavant au seul riz. Les sols sont plus riches, car les feuilles les nourrissent en tombant, les plantations ont fait revenir les abeilles et les oiseaux. Nous avons créé un écosystème en permaculture riche et résilient. C’est d’ici que je continue à piloter Pur Projet, certifiée B Corp depuis 2016. Nous comptons 80 salariés dans le monde, dont la moitié à Paris, huit bureaux (en Asie, Afrique et Amérique du Sud) et plus de 250 personnes réalisant les prestations localement. Quelles leçons avez-vous tirées de votre expérience avec Alter Eco ? Le marché du commerce équitable en France a aujourd’hui besoin de nouveaux relais de croissance, car il a été phagocyté par le bio. Il faudrait que les produits soient à la fois bio et équitables.

UNE NOUVELLE APPLI POUR MANGER SAIN

Tribunes, initiatives de professeurs, focus sur les expériences internationales… Depuis la fin du confinement, l’école en plein air fait couler beaucoup d’encre. À la faveur du Covid, qui a imposé la « distanciation sociale », mais aussi d’une tendance écologique de fond, le concept pourrait bien connaître un essor. Le ministre de l’Éducation lui-même vantait fin août les initiatives locales en ce sens, porteuses, selon lui, de « vertus pédagogiques ». Outre les bienfaits de la reconnexion avec la nature, il s’agit aussi d’apprendre autrement, en manipulant, en expérimentant, comme le prônait, en son temps, Maria Montessori. L’idée de date pas d’hier. À l’époque antique, Socrate philosophait en plein air. « Depuis le déconfinement, on entend beaucoup parler du sujet, mais l’école en plein air ne saurait se réduire à des considérations sanitaires », explique Frédérick Heissat. Cet ancien ingénieur devenu depuis cinq ans professeur des écoles a lancé en 2018 le groupe Facebook « Profs en transition ». Il compte à ce jour 25 000 enseignants et éducateurs, investis sur la question environnementale et désireux de développer cette « école du dehors ». « L’école en plein air concerne toutes les disciplines, de l’histoire à la biologie.

Comment s’y retrouver dans le dédale des étiquettes et labels pour se nourrir sainement ? La success-story de Yuka n’est pas isolée, et d’autres approches la concurrencent. Comme Siga, une nouvelle application lancée en mai 2020 qui permet aux consommateurs de scanner 15 000 produits en rayon. Le fondateur de cette start-up créée en 2016, Aris Christodoulou, part du principe que, pour se nourrir sainement, il faut manger le moins transformé possible. Même si ce critère de transformation des aliments n’est pas encore systématiquement associé à la qualité par de nombreux Français, si l’on en croit une enquête Ifop réalisée par Siga en mai 2020, cette dernière entend faire de la pédagogie sur ce sujet. En effet, il est scientifiquement établi par de nombreuses études que les aliments ultratransformés ont des effets délétères sur la santé. Fruit de trois années de travaux scientifiques, un score Siga a été établi, de 1 à 7 selon le process de production ainsi que l’ajout d’ingrédients (gras, sucre, sel…), à la différence du Nutri-score, qui ne prend en compte que les valeurs nutritionnelles des produits. Et contrairement à d’autres applications, comme Yuka et ScanUp

MARIA - STOCK.ADOBE.COM

ET SI L’AVENIR DE L’ÉCOLE ÉTAIT LE PLEIN AIR ?

En géographie et en maths, cela permet de revenir à l’essence même de ces disciplines qui modélisent le monde. Les enfants ont besoin de concret, pour aller ensuite vers l’abstraction », explique le professeur de CM1-CM2, qui vient, encore ce matin, de faire mesurer à ses élèves la circonférence des arbres pour les classer ensuite. « La poésie est un art magnifique qui doit être partagé sous un arbre ! », ajoute-t-il. Pour ce groupe Facebook, qui a grossi ses rangs depuis le confinement, l’objectif est de fédérer les initiatives. Historiquement, l’école en plein air était destinée à des enfants prétuberculeux, au début du XXe siècle. Les pédagogues

de l’éducation nouvelle, comme Freinet ou Decroly, l’ont ensuite théorisée. « Elle s’est développée dans les années 1970 dans les pays scandinaves, et plus récemment en Allemagne et en Angleterre. La France est en retard », explique Agnès Perreau, du réseau École et nature, créé il y a près de quarante ans. Sur le terrain, à travers sa dizaine de groupes régionaux d’animation et d’initiation à la nature et à l’environnement (Graine), ce dernier accompagne les enseignants qui le souhaitent sur le chemin de l’école hors les murs. Et reçoit, depuis le Covid, de plus en plus d’appels. Caroline Beyer

(cette dernière étant basée sur le score Siga), Siga, téléchargé 70 000 fois, ne donne pas la possibilité aux consommateurs de donner leur avis sur un produit. Son indice est également utilisé par des distributeurs (Franprix, Biocoop) et des industriels (Marie, Michel et Augustin). La startup, qui a levé 1 million d’euros auprès de Newfund et Bpifrance en mars 2019, accompagne aussi les collectivités. La cantine centrale des lycées de Toulouse a ainsi diminué de 5 % le nombre d’aliments C. M. ultratransformés de ses repas.

SIGA

PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLINE DE MALET

LE FIGARO

Plaxtil recycle les masques usagés TRANSFORMATION Cette start-up a trouvé une solution inédite qui suscite beaucoup d’intérêt.

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KEREN LENTSCHNER

ecycler les masques jetables usagés pour en faire des objets en plastique écologique : c’est l’idée de Plaxtil, une start-up née il y a un an à Châtellerault (Vienne). Cette initiative a vu le jour en juin dernier alors que l’épidémie de Covid-19 connaissait un rebond, incitant de nombreuses communes de France à

rendre le masque obligatoire. Avec des conséquences inévitables en termes de pollution des routes, des eaux… Au départ, il s’agit d’une expérience pilote menée avec une association locale d’insertion. En trois mois, l’entreprise collecte 70 000 masques dans les 50 points de collecte mis en place dans l’agglomération. Mais le succès est tel que les deux cofondateurs, Olivier Civil et JeanMarc Neveu, devraient prolonger cette expérimentation jusqu’à la fin de l’année et l’amplifier : 200 bornes devraient être installées dans l’agglomération. Et, dès cet automne, Plaxtil

CORONAVIRUS : L’ART-THÉRAPIE AU SERVICE DES MALADES MENTAUX

CATTP SAINT DIDIER/GHU

Plus que les autres sans doute, les personnes atteintes de troubles psychiques ou neurologiques ont mal vécu la période du confinement. Pour répondre à leur demande d’exprimer un ressenti sur cette période particulière, par d’autres moyens que la parole, le GHU Paris psychiatrie et neurosciences a imaginé un espace de création plastique éphémère au sein d’un bâtiment promis à la destruction de l’hôpital Sainte-Anne. Du 7 au 11 septembre, patients et personnels hospitaliers ont été invités à s’exprimer, encadrés par des professionnels du street art et du soin, sur ces murs dans le cadre d’une opération baptisée « Le jour d’après ». « La période actuelle est un creuset de sensations puissantes telles que la peur, la colère, le sentiment d’injustice,

d’explosion des liens… Elle est aussi génératrice d’élan, de joie, et espoir d’un renouveau », justifie le GHU qui utilise l’art-thérapie depuis de nombreuses années dans ses hôpitaux. « Il était intéressant de constater certains comportements. Lors de ces ateliers, certains ont pu progresser dans leur rééducation fonctionnelle. Certains qui n’arrivaient pas jusqu’ici à se lever ont pu tenir debout pendant plusieurs minutes le temps de leur atelier. C’est un acquis sur lequel nous nous appuyons pour poursuivre le soin », affirme Jérémy Elbez, psychomotricien en charge de patients atteint de troubles neurologiques et street artiste. Sur 300 m2 de murs, des thématiques telles que celles du masque ont été détournées de façon tantôt figuratives, tantôt poétiques. Elles ont en tout cas permis de positionner les patients en tant qu’acteurs. « Certains ont peu d’interactions hors de leur cercle familial et médical. Cette manifestation a créé une belle énergie et s’est révélée un bon facteur d’inclusion entre patients et personnels », poursuit le soignant. Pour garder trace de cette œuvre collective, une fresque sera décollée du mur du bâtiment promis à la démolition et exposé dans le futur établissement Guillaume Mollaret qui le remplacera.

EN FINLANDE : MON VÉLO POUR UN GÂTEAU !

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La ville finlandaise de Lahti (120 000 habitants) a trouvé, avec son initiative CitiCap, le moyen d’inciter ses habitants à délaisser leur voiture : en récompensant les plus vertueux. Une application qui détecte les moyens de transport des citoyens volontaires calcule leurs émissions de gaz à effet de serre (21 kg d’équivalent CO2 en moyenne par personne pour les seuls transports). Si leur quota n’est pas dépassé en fin de semaine, ces derniers ont droit à des entrées à la piscine, tickets de bus ou parts de gâteau en ville. Est-ce vraiment suffisamment alléchant ? Avec le semi-

confinement, difficile d’évaluer l’impact, mais « les récompenses vont être décuplées cet automne », assure Anna Huttunen, la responsable du projet à Lahti, nommée « Ville verte européenne » en 2021, dont « l’objectif est que d’ici 2030 plus de 50 % des déplacements soient durables », soit moins 20 % par habitant. L’initiative s’inspire de l’expérience Bella Mossa (« bien joué »), lancée à Bologne en Italie en 2017 et 2018, quatre mois par an. Financée aussi en partie par l’Union européenne, cette dernière avait permis d’éviter le rejet de 1 400 tonnes C. M. de CO2.

vendredi 25 septembre 2020

FIGARO DEMAIN 45 Un ouvrier de la start-up Plaxtil manipule des masques de protection. GUILLAUME SOUVANT/AFP

sera déployé dans plusieurs régions voisines. En parallèle, les marques d’intérêt affluent, émanant de PME comme d’entreprises du CAC 40, en France et à l’étranger. Et pour cause : c’est la première - et unique - solution de recyclage circulaire de masques qui existe à ce jour. « Nous voulons apporter une solution globale et circulaire à des industriels comme à des distributeurs qui ont cette problématique de déchets », explique Olivier Civil. Il ne s’agit pas seulement de collecter les masques. Avec Plaxtil, l’émetteur du déchet doit réutiliser ou revendre la matière recyclée. Fin juillet, l’entreprise a été contactée par Bercy, qui planche sur le recyclage des masques. Les élus se succèdent sur place pour découvrir le procédé de Plaxtil. Les masques, composés à plus de 90 % de polypropylène, sont d’abord mis en quarantaine pendant quatre jours puis broyés. Ils passent ensuite dans un tunnel à UV pour être décontaminés. « Seuls, nous ne pouvons pas tout, estime le dirigeant. La mise en place d’une filière nationale de recyclage des masques nécessite l’engagement effectif des pouvoirs publics. »

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Le coliving prend son envol en France LOGEMENT À la faveur du confinement, l’habitat partagé 3.0 suscite l’engouement chez la génération Y, mais pas seulement.

ui eut cru que ce serait au plus fort de la distanciation sociale que l’habitat partagé nouvelle version se développerait en France ? Plutôt que vivre confinés dans un studio au prix prohibitif, de nombreux jeunes actifs sont séduits par ce nouveau mode d’habitat partagé qui repose sur un espace individuel (chambre ou studio), des espaces de vie en commun (salon, parfois cuisine, salle de sport, terrasse, jardin, voire piscine...) et de nombreux services annexes compris (wifi, ménage, vélo). Ce n’est guère surprenant : 30 % des Français vivent seuls, qu’ils soient jeunes, familles monoparentales ou couples sans enfants. Et selon une étude BVA, 80 % des Français (et même 90 % des moins de 35 ans) ressentent la solitude. Ce modèle, inspiré des pionniers asiatiques et anglo-saxons, San Francisco en tête, que la France a commencé à adopter timidement depuis quelques années, ne se contente pas d’apporter de la convivialité à ses membres, à l’instar de la colocation. C’est une solution à la crise du logement cher dans les grandes villes, où 66 % des habitants de la planète vivront d’ici à

GOODLUZ - STOCK.ADOBE.COM

que « l’échec de la Cité Radieuse de Le Corbusier à Marseille et de WeWork à New York montre que le coworking, qui a beaucoup souffert, n’est pas la clé ».

Ouverture sur le quartier L’engagement étant souvent d’un mois minimum pour un logement meublé, sans besoin de garant, les étudiants et les expatriés, mais aussi les divorcés ou les jeunes retraités, font également partie de la cible, certaines résidences étant thématiques (sport ou cuisine). Pour Fabrice Simondi, également

OPÉRATION SÉDUCTION POUR LE PETIT COMMERCE À NARBONNE les 2 000 commerçants participants sur son compte bancaire. L’enveloppe de 400 000 euros dédiée à cette opération, démarrée mi-juillet, a permis de générer un chiffre d’affaires de plus de 1,3 million d’euros pour le tissu économique local. Fin 2019, une autre opération Keetiz avait été menée par la région Occitanie, le département de l’Hérault et sa CCI. En un mois, elle avait généré un chiffre d’affaires de 850 000 euros, dont 90 000 euros avaient été redistribués aux consommateurs. Après Drancy cet été, Keetiz voit plus grand. La start-up de Montpellier, créée en 2015 par Jean-Christophe Russier, fondateur d’Orchestra Software, qui compte dix personnes, prépare actuellement une levée de fonds pour C. M. se déployer au niveau national.

NARBONNE TOURISME

Alors que 15 à 30 % des commerces ne savent pas s’ils pourront terminer l’année, comment revitaliser les commerces de proximité durement impactés pendant la crise sanitaire ? Dans le cadre d’un plan de relance de 3,5 millions d’euros lancé pendant le confinement, la communauté d’agglomération du Grand Narbonne (37 communes) a conçu une opération spéciale visant à la fois à accroître le pouvoir d’achat de ses habitants et à les inciter à aller chez les petits commerçants, artisans et producteurs locaux. Ceci grâce à un partenariat avec la start-up Keetiz. En téléchargeant son application de « cashback », développée il y a un an, un client se voit crédité de 30 % de ses achats chez

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Pour sa première expérience de bénévolat, Delphine Barthe tombe à Lille sur une famille à la rue dont la mère est enceinte. Contre l’inacceptable, elle la loge alors temporairement dans un appartement vacant de ses parents. Le déclic. Alors qu’elle est en train de monter une start-up, changement de cap : l’entrepreneuse décide de généraliser ce principe avec une plateforme locale mettant en relation les propriétaires privés d’appartements inoccupés et les personnes en difficultés peu éloignées de l’emploi (femmes victimes de violence, réfugiés, salariés, jeunes issus de l’Aide sociale à l’enfance). « La condition est que ces dernières

ROMAN BODNARCHUK - STOCK.ADOBE.COM

STIRRUP, L’AIRBNB SOLIDAIRE

soient suivies par une association disposant d’un service logement

susceptible de les aider à trouver une solution pérenne », précise-t-elle. Car Stirrup (« étrier » en anglais) se veut une solution transitoire de trois à six mois. Les propriétaires, entreprises (Orange, EDF, SNCF) ou acteurs de l’immobilier dont les biens sont en attente de revente, bénéficient d’une exonération fiscale de 60 % au titre du don en nature. Et sont rassurés par la mise en place d’une assurance habitation solidaire, en cours, avec Sergic Immobilier. Sur une cinquantaine de personnes aidées depuis 2019, toutes sauf trois ont trouvé un nid. L’entrepreneuse s’apprête à recruter trois personnes. De quoi lui permettre de se développer au niveau national. C. M.

cofondateur de Vitanovae, une entreprise à mission du secteur certifiée B-Corp, « ces lieux de partage ne doivent pas être des coffres-forts, mais des lieux de partage inclusifs, ouverts sur le quartier et au plus grand nombre ». C’est dans cet esprit que Vitanovae a conçu Le Patio des Faures à Bordeaux. Un immeuble de charme rénové, avec baby-foot, accueille des résidents qui partagent des ustensiles mis en commun. « L’idée étant d’éviter un lieu hors sol dans la ville, nous avons ouvert plusieurs lieux dans le même quartier : la Cuisine de Camille, une salle polyvalente dédiée aux soirées et aux animations,

prêtée aux écoles et aux associations, dont profitent également un ensemble de logements, une maison partagée et un triplex partagé ». Dans le même esprit, Vitanovae ouvre un nouvel ensemble dans le nord de Paris autour de La Maison de la conversation (en partenariat avec l’agence Entrecom), et un parc de logements à jardins suspendus. Pour son président, « le coliving, c’est le kibboutz inversé : il n’existe aucune obligation mais une communauté à la demande ». Même au pays de l’individualisme, on a du mal à croire que le concept ne fasse pas davantage mouche. ■

AVEC COMPTOIR DE CAMPAGNE, VIRGINIE HILS VEUT RÉVEILLER LES VILLAGES DE FRANCE Un village sur deux en France n’a plus de commerce de proximité. C’est ce chiffre qui a poussé Virginie Hils, 43 ans, fondatrice de Comptoir de Campagne, à prendre un virage à 180 degrés. « Pendant quinze ans, j’ai imaginé et commercialisé des produits alimentaires standardisés, industriels, pour la grande distribution. En 2014, je me suis posé la question du sens », racontait sur scène la jeune femme pétillante, l’une des cinq finalistes du prix Business With Attitude, organisé par Madame Figaro. Depuis, cette entrepreneuse sociale a créé onze commerces multiservices en Auvergne-Rhône-Alpes et affichait un chiffre d’affaires de plus de 1 million d’euros en 2019. Ces sites polyvalents présentent l’originalité de voir se côtoyer primeurs, produits frais, boulangerie, bureau de poste, agence bancaire, mais aussi ostéopathe, coiffeur, esthéticienne, voire fleuriste ou encore pressing. Le tout en faisant appel aux artisans et producteurs locaux. Et en tentant de répondre à deux problématiques : la désertification de villages devenus des dortoirs et l’urgence qu’il y a à modifier nos modes de consommation. Agriculteurs, artisans, habitants de longue date ou néoruraux : tout le monde se croise, au Comptoir. On y organise des festivals, des dégustations ou des projections de film. Les vendeurs connaissent les clients, livrent les paniers de courses des personnes âgées. « Nous

JEAN PICON / SAYWHO

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CAROLINE DE MALET

2050 (soit 3 milliards de plus qu’aujourd’hui). Il contribue également à réduire la consommation énergétique (dont 41 % provient de l’habitat) et peut éviter des transports domicile-travail. Les investisseurs et poids lourds de l’immobilier ne s’y trompent pas, tels que Bouygues, Vinci ou Altarea, alléchés par les perspectives de ce marché, que certains n’hésitent pas à qualifier d’habillage marketing. L’exemple de locaux proposés par la start-up Colonies, à deux pas de l’Insead, aux cadres en formation, peut par exemple donner l’impression que ce concept vise une clientèle aisée. Start-up qui a d’ailleurs levé, trois ans après sa création, pas moins de 180 millions d’euros en mars 2020 pour ouvrir une centaine de sites en Europe. Or ce sont surtout les jeunes actifs qui y adhèrent, comme en témoigne Flatmates, situé à 10 minutes de l’incubateur Station F. Avec l’essor du télétravail, l’offre leur est particulièrement bien adaptée lorsqu’elle propose un espace de coworking. C’est le cas dans la plupart des résidences de The Babel Community, lancé par le groupe Axis. Ce dernier a ouvert en 2017 son premier site à Marseille, près du VieuxPort, avec piscine, billard, salle de cinéma et conciergerie. Fabrice Simondi, cofondateur de Co-Liv, l’association qui fédère 350 membres du secteur sur cinq continents, dont 70 promoteurs, considère pour sa part

Le coliving, une solution à la crise du logement cher dans les grandes villes.

faisons tout pour recréer du lien social, car l’enjeu est encore plus grand que ce que l’on imaginait au début du projet », assure Virginie Hils. La crise sanitaire semble lui donner raison. Face à une demande croissante de produits locaux et sains et un désir de plus en plus fort d’une vie au vert, ses comptoirs pourraient doper le dynamisme des villages. Virginie Hils y croit. En 2021, une franchise verra le jour. Une levée de fonds de plus de 3 millions d’euros est en cours. « Notre ambition est que demain, grâce à notre savoir-faire, des entrepreneurs créent des commerces dans tous les villages de France. » Sofiane Zaizoune

RCS PARIS 552 081 317

LA CHASSE AU CO2 EST OUVERTE. Produisant déjà une électricité faible en CO2, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, le groupe EDF veut encore réduire ses émissions de 40 % d’ici à 2030*. Pour cela, il développe de nouvelles solutions qui permettent à chacun d’agir ìĺıŦŗù ĩù ŗúìđÒŬơùİùıŦ ìĩĕİÒŦĕŖŬù â ĩÒ İÒĕŜĺıρ au bureau et en voiture.

Devenons l’énergie qui change tout.

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* Réduction des émissions directes. En 2019, le mix énergétique du groupe EDF était composé à 78,5 % de nucléaire, 11,2 % d’énergies renouvelables, 8,8 % de gaz, 0,6 % de charbon et 0,9 % de fioul. Il est à 89,7 % sans émissions de CO2 (émissions directes hors analyse du cycle de vie des moyens de production et des combustibles) – �ĺŬŗìù -$? ΞΜΝΥ π � $ĺìŬİùıŦ ò�-ıŗùČĕŜŦŗùİùıŦ �ıĕſùŗŜùĩ �φ

vendredi 25 septembre 2020 LE FIGARO

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Les cosmétiques se mettent à la consigne ENVIRONNEMENT Des start-up confidentielles jusqu’à la grande distribution, les contenants consignés franchissent les frontières de l’alimentaire et s’invitent dans le monde de l’hygiène-beauté.

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lors que la consigne des bouteilles en plastique a fait l’objet d’un débat houleux entre le gouvernement et les industriels au début de l’année, la récupération des contenants usagés fait tache d’huile hors du secteur agroalimentaire. C’est le cas notamment dans les cosmétiques. Deux marques de déodorants naturels en font même leur marque de fabrique, excluant tout autre type d’emballage : Endro, qui a soufflé sa première bougie au mois de juin (lire l’encadré ci-dessous) et Les Enfants sauvages, qui vient de lever des fonds sur Ulule. Un « système plus rentable que l’utilisation de contenants jetables », assure Boris Le Goffic, cofondateur d’Endro, qui observe une « véritable demande de la part des consommateurs ». Constat identique pour Oolution qui a en 2019 mis en place un système de consigne : « Notre plus gros succès depuis nos débuts », se souvient Adèle Baraban, ingénieur chimique et responsable marketing chez Oolution. « Des enveloppes prépayées », glissées dans chaque commande en ligne – soit 90 % des ventes -, permettent les retours. « Entre 10 et 20 enveloppes nous reviennent chaque jour, c’est-àdire 50 % de nos ventes », détaille la responsable communication. Un système plus onéreux que la collecte en boutiques, puisque le coût de renvoi « représente 6 à 25 % du prix du produit ». « C’est une dépense assumée. Notre priorité est de maîtriser la fin de vie de nos produits », plaide Adèle Baraban. Les contenants réutilisables

sont reconditionnés. Les autres sont envoyés à Terracycle, une société spécialisée dans le recyclage des déchets difficilement recyclables. La consigne émerge aussi dans la grande distribution avec Loop, une plateforme d’e-commerce lancée par Terracycle en mai 2019, où sont vendus des produits dont l’emballage est réutilisable. « Nous avons plus de 150 entreprises partenaires, parmi lesquels Unilever, Nivea ou encore Procter & Gamble », indique Blandine Surry, directrice générale de Loop Europe. L’Hexagone « est un marché particulièrement intéressant, car les consommateurs français recherchent en priorité des produits dont l’impact est positif sur leur santé et sur la planète », indique un porte-parole de Procter & Gamble. Pour être éligibles au partenariat, les emballages doivent pouvoir supporter « plus de dix cycles », être « nettoyables dans des conditions industrielles » et « recyclables en fin de vie », énumère Blandine Surry. Cette fois, la consigne coûte « entre 50 centimes et 2 euros par produit », ce qui permet à Loop d’enregistrer 90 % de retours. Quid de l’impact environnemental ? Le transport et le nettoyage des consignes sont-ils réellement moins néfastes pour la planète que l’utilisation d’emballages jetables ? « Oui », répondent en chœur Loop, Endro et Oolution. « L’impact environnemental d’un produit se situe surtout dans la création de son emballage et sa fin de vie. Le transport n’arrive qu’en troisième position. L’acheminement et le nettoyage des contenants ne sont pas suffisants pour mettre en péril les bienfaits du réemploi », assure Blandine Surry. L’Agence de la transition écologique (Ademe) a indiqué qu’elle menait une évaluation environnementale du système de distribution vrac contre le préemballé dont les résultats devraient être publiés à la fin de l’été 2021. ■

CALENDRIER DES INTERDICTIONS DU PLASTIQUE EN FRANCE 1ER JANVIER 2020 Gobelets, assiettes et cotons-tiges en plastique.

1ER JANVIER 2021 ■ Pailles, couverts jetables, touillettes, couvercles de gobelets à emporter, contenants en polystyrène (comme les boîtes à kebab), piques à steak, tiges pour ballons, confettis en plastique, objets en plastique oxo-dégradable (se dégradant sous l’effet de la chaleur ou du rayonnement ultraviolet). ■ Distribution gratuite de bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public (ERP) et les locaux professionnels.

1ER JANVIER 2022 ■ Sachets de thé et jouets en plastique distribués gratuitement dans les fast-foods. ■ Suremballages en plastique pour les fruits et légumes de moins de 1,5 kg.

1ER JANVIER 2023 Vaisselle jetable pour les repas servis sur place en fast-food.

1ER JANVIER 2024 Dispositifs médicaux contenant des microplastiques (particules dont la taille est inférieure à 5 millimètres).

1ER JANVIER 2025 Tous les lave-linge neufs devront être dotés d’un filtre à microfibres plastique.

1ER JANVIER 2026 Cosmétiques à rincer contenant des microplastiques, comme les shampooings, produits de coloration, gels douche ou démaquillants. Source : Ministère de la Transition écologique, loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (février 2020).

ENDRO, LA START-UP QUI MET LES COSMÉTIQUES EN BOCAUX

ATELIER UNES LANCE DES COLLANTS RECYCLÉS CONÇUS EN COLLABORATION AVEC SES CLIENTES

« Cosmétiques zéro déchet » : tel est leur credo. Voilà un peu plus d’un an que le couple de Lannionnais Marion le Goualher, ancienne architecte, et Boris Le Goffic, ex-commercial formé à Kedge (Bordeaux) a choisi de se reconvertir dans les cosmétiques et de lancer Endro - « nature », en breton -, une marque de déodorants et de dentifrices naturels en bocaux consignés. Un pari réussi, avec à ce jour plus de 120 000 ventes réalisées, pour un chiffre d’affaires de 800 000 euros. Les produits sont vendus en ligne et dans 900 points de vente. Une fois les produits terminés, les clients peuvent déposer leurs bocaux vides en boutique pour être renvoyés à Lannion, où ils seront nettoyés et reconditionnés. « Nous enregistrons un taux de retour de 30 % à 40 %. Le renvoi est gratuit, mais les vendeurs peuvent faire payer la consigne », explique Boris Le Goffic. Pour prévenir la casse lors des retours et permettre des renvois par lot de 100, un carton a été mis au point avec l’entreprise voisine Cartonnages de l’Atlantique (Pays-de-Loire). « Notre objectif était aussi de créer de l’emploi

Saviez-vous que de nombreuses Françaises ne portent pas leurs collants plus de cinq fois ? 7 000 tonnes de paires sont ainsi jetées chaque année. C’est pour minimiser la pollution générée par l’industrie textile que Violette Dedeban, styliste, et Matthieu Jungfer, ingénieur, ont créé la marque Atelier Unes en 2018. L’originalité de leur démarche consiste à coconcevoir chaque vêtement avec leurs clientes. « En l’espace de deux ans, nous avons fédéré une communauté de 60 000 clientes, explique Matthieu Jungfer. Nous réalisons un sondage avant la création de chaque nouvelle pièce, auquel répondent en moyenne 10 000 clientes. C’est à partir de ce cahier des charges que nous créons nos pièces. » Atelier Unes lance un vêtement à la fois, disponible en précommande pendant quinze jours. Ces pièces (pour l’instant, une robe, deux jupes, un chemisier, un tee-shirt, un pantalon et, dernièrement, des collants) sont livrées deux mois plus tard. 2 000 paires de collants ont par exemple été commandées en sept jours. Les quelques vêtements en surplus sont ensuite disponibles à l’achat sur le site. La marque minimise de cette façon les

dans notre région », explique le cofondateur, qui se félicite d’avoir multiplié ses effectifs par 7 en un an. « Le but est de donner du sens à notre travail », poursuit-il. Le couple prévoit de lancer le 5 octobre une gamme de crèmes pour le corps et pour le visage, sur le même modèle. D’autres cosmétiques solides vendus en vrac sont également en cours d’élaboration. C. B.

invendus au maximum. Cela lui permet de réduire ses prix ainsi que la pollution générée par son activité. Avec les collants, la marque va encore plus loin, puisqu’elle propose un système de consigne qui permet de les recycler une fois usés. Ils sont transformés en élastiques pour les cheveux. Les vêtements sont conçus, dans la mesure du possible, à l’aide de matières recyclées. « Nous recherchons des matières que le recyclage n’altère pas, ce n’est pas toujours facile, explique l’ingénieur. Un tee-shirt en coton recyclé, par exemple, bouloche vite. Sa

durée de vie sera courte. Pour notre prochain vêtement, un pull, nous avons choisi d’utiliser de la laine mérinos recyclée, qui conserve au contraire toutes ses qualités. » D’ici à trois ans, la griffe souhaite atteindre 100 % de matières recyclées. Il lui faudra pour cela investir dans la recherche et le développement. C’est en partie la raison pour laquelle Atelier Unes réalise actuellement une levée de fonds de 300 000 euros sur Lita. Les investisseurs, potentiellement des membres de la communauté, prendront Marie Bartnik ainsi 23 % du capital.

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CÉCILE BERTRAND

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#Jamais SansElles pour la visibilité des femmes

AUTO-AGRIPPANT Le velcro est inspiré des fruits de bardane, ces petites boules marron collant aux chaussettes des randonneurs et au poil des chiens de chasse. ADOBE STOCK

AÉRODYNAMISME Les créateurs du Shinkansen,

le TGV japonais, se sont inspirés du bec et de la tête du martin-pêcheur pour gagner tant en vitesse qu’en économie d’électricité. ADOBE STOCK

ADHÉSIF Le lierre sécrète une colle extraforte qui,

théoriquement peut supporter une tonne au cm2. Encore expérimentale, cette application pourrait révolutionner les techniques de construction. ADOBE STOCK

Biomimétisme : quand la nature inspire l’innovation

L’aventure de #JamaisSansElles a commencé en 2015 pour ses trois fondatrices, Tatiana F-Salomon, coprésidente paritaire de l’association, Laurence Parisot, présidente du conseil féminin, et Natacha Quester-Séméon, porte-parole. « L’idée est venue d’une photo d’un panel 100 % masculin dans une conférence sur le numérique à l’Élysée », explique cette dernière. De là est né l’engagement, proposé aux orateurs masculins, de refuser de

BIODIVERSITÉ Cette approche transpose les mécanismes du vivant à des applications industrielles. Même si ce capital est menacé.

C’

GUILLAUME MOLLARET @NEWSDUSUD

est le mythe d’Icare revisité. Pour voler et s’évader, son père Dédale avait confectionné au jeune homme des ailes de cire sur lesquelles il avait fixé des plumes… Las, l’attelage a, comme une bougie, fondu sous l’effet de la chaleur avant qu’Icare ne se noie dans une mer qui porte aujourd’hui son nom. De cette légende, l’homme a appris qu’il ne suffit pas de ressembler à un oiseau pour voler, mais qu’il faut aussi prendre en compte les matériaux et leur interaction avec l’environnement ambiant. Ainsi pourrait-on définir le biomimétisme qui s’inspire du vivant, sans le copier à l’identique, afin de créer des structures et des objets. C’est ainsi que les créateurs du Shinkansen, le TGV japonais, se sont inspirés du bec et de la tête du martin-pêcheur pour gagner tant en vitesse qu’en économie

d’électricité. Autre exemple populaire, bien connu des chausseurs pour enfants, le velcro est en fait inspiré des fruits de bardane, ces petites boules marron collant aux chaussettes des randonneurs alpins et au poil des chiens de chasse. Munies de sortes de petits hameçons, ces fruits se fixent, notamment, à certains tissus… Une structure que l’ingénieur suisse George de Mestral a adaptée pour créer un fameux système de fermeture réversible. Autre invention célèbre issue du biomimétisme : le nez artificiel. L’un d’eux est inspiré du capteur de phéromone du bombyx du mûrier. Sa précision, telle qu’elle lui permet de sentir la présence du sexe opposé à 11 km (!), a inspiré le Cars pour la création d’un appareil permettant de sentir la présence d’explosifs. Puisqu’il n’est évidemment pas question de se servir du bombyx luimême, les scientifiques ont imité ses antennes, dont la taille est inférieure au millimètre et sur lesquelles se trouvent foultitude de sensilles, directement reliées aux neurones sensoriels… Dans les faits, le système de détection de la TNT est constitué d’un microlevier en silicium de 200 microns de long pour 30 de large sur lequel sont posés quelque 500 000 nanotubes de dioxyde de titane

alignés à la verticale. À vos nanoscopes ! « Grâce aux progrès techniques et technologiques, on peut aller plus loin dans la compréhension des mécanismes biologiques. C’est notamment le cas de certaines colles chirurgicales. Elles sont directement inspirées de la bave de limace ou du ver marin », explique Dounia Dems, chargée de projet pour le Ceebios, réseau français en biomimétisme, regroupant laboratoires, universités et entreprises (Eiffage, L’Oréal, Renault…). « Le biomimétisme offre ainsi de nouvelles pistes dans la quête de développement durable », complète la jeune femme, par ailleurs ingénieur et docteur en chimie des matériaux. « Travailler le biomimétisme sur un bâtiment, ce n’est pas faire en sorte que son enveloppe ressemble à une feuille ou à un brin d’herbe, mais créer une atmosphère agréable au-delà de cette enveloppe », explique l’architecte Nicolas Laisné. « Je conçois mes bâtiments comme un corps respirant et une zone d’échange. Il est intéressant de comprendre comment une forêt permet de maintenir naturellement une température plus basse à l’heure du réchauffement climatique. Dans ce cas précis, le biomimétisme appliqué au bâtiment doit permettre de moins utiliser la climatisation pour limiter son impact

négatif sur l’environnement », poursuit l’architecte, qui, pour ce faire, travaille notamment avec des outils de modélisation permettant d’évaluer cet impact en amont de la construction. « Pour s’inspirer du vivant, la méthode est toujours la même. C’est en fait l’observation fine des systèmes biologiques qui permet d’imaginer des stratégies transférables en solutions techniques », traduit Dounia Dems. Si la nature regorge d’exemples inspirants de systèmes vivants, notre comportement quotidien fait peser une lourde menace sur certains écosystèmes. Celle dont les scientifiques s’inspirent aujourd’hui est le fruit de quelque 3,8 milliards d’années de recherche et développement. Un capital menacé. Selon un rapport rendu l’an dernier par le groupe international d’experts sur la biodiversité (IPBES), sous l’égide des Nations unies, 1 million d’espèces animales et végétales pourraient disparaître de la Terre dans les prochaines décennies si l’espèce humaine ne modifie pas radicalement son comportement à brève échéance. Plus qu’un catalogue de faune et de flore en danger, c’est une source de savoir que l’homme s’apprête à brûler. ■

espaces formant leur refuge naturel ont peu à peu disparu… entraînant une surmortalité de ces jeunes poissons. Avec l’installation de ces récifs artificiels, les anses et criques naguère naturelles abritant aujourd’hui des ports retrouvent, sous une autre forme, leur vocation naturelle. Des études menées et publiées par l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, une station biologique dépendant du CNRS et de l’université Pierre-etMarie-Curie, ainsi que des chercheurs de l’université de Perpignan en attestent : « L’abondance moyenne de sars dans ces habitats artificiels s’avère deux fois plus élevée que dans des

PASCAL GUYOT/AFP

LES PORTS DE PLAISANCE S’ÉQUIPENT DE RÉCIFS ARTIFICIELS Ce sont des blocs de béton nus aux formes souples dessinés à l’imprimante 3D (notre photo) , des bâtons de bois fixés sur des cages d’acier contenant des coquilles d’huîtres ou encore des fibres ondulantes imitant un herbier. Plongés dans les eaux des ports ou bien fixés sous les quais et pontons, ces récifs artificiels ont pour rôle de mettre à l’abri les « juvéniles », ces poissons, pas encore adultes, ayant passé le stade larvaire et dont le taux de mortalité s’avère très élevé. Les juvéniles utilisent d’ordinaire les eaux calmes et peu profondes pour survivre. Or, avec la bétonisation du littoral et la création des ports, ces

surfaces proches non équipées. » Voilà quelques semaines, des observations faites par l’Ifremer dans la rade de Toulon ont également confirmé

MIXITÉ Des hommes s’engagent à ne pas participer à des débats ou des manifestations publiques non mixtes.

l’intérêt de ces récifs. Depuis que le port varois a été pourvu au mois de juin, les chercheurs y ont observé 944 individus issus de vingt-huit espèces différentes. Fait saillant : six d’entre elles, telles que le sar, le loup, le labre et la daurade, sont emblématiques des écosystèmes locaux. Une observation positive qui n’exempte pas les ports de prêter attention à l’état de leurs eaux sujettes à pollution car la restauration d’habitat ne fait pas tout. La qualité de l’eau reste en effet une condition non négociable pour un retour de la faune et la flore sous-marine. G. M.

Natacha Quester-Séméon, porte-parole de l’association. THIERRY JADOTT

prendre la parole dans un panel non mixte. « Pas de quota de femmes néanmoins, précise-t-elle, on prône la mixité et non la parité. » En 2016, le Club des gentlemen, groupe d’entrepreneurs, accepte de signer cette initiative commune. À partir de là, tout s’est enchaîné pour #JamaisSansElles. « Des dirigeants, élus ou encore chefs d’entreprise, ont répondu à notre appel », raconte Natacha Quester-Séméon. « On a créé une charte présidentielle, pour une gouvernance partagée et une charte d’entreprise. » Aujourd’hui, #JamaisSansElles, c’est presque 400 entreprises, 50 élus signataires et plus de 300 000 mentions du hashtag sur les réseaux sociaux. Sur le respect des engagements, la porte-parole souligne : « N ne laisse pas passer les “faux signataires”, mais on n’est pas des gendarmes non plus. Il faut que la mixité devienne un réflexe, et pour ça on organise des actions de sensibilisation, on communique sur les réseaux sociaux… » Prochaine étape : la signature d’une nouvelle charte avec le ministère de l’Éducation nationale en octobre. Elle permettra à l’association d’intervenir avec des entreprises dans les classes pour inciter les jeunes filles à rejoindre les domaines « où elles sont peu nombreuses, comme la finance ou la science ». ■

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ZOÉ DE SAINTE CROIX

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vendredi 25 septembre 2020

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Le confinement, un tremplin inattendu pour le mécénat de compétences ENGAGEMENT Temps libre, besoin de solidarité : entreprises et salariés se sont davantage impliqués. Pour combien de temps ?

n moins de trois semaines, dans une France qui venait tout juste d’être confinée, PwC s’est doté d’une plateforme de mécénat de compétences, fournie par la start-up Vendredi : les collaborateurs désireux d’épauler une association pouvaient y trouver des missions à effectuer à distance, sur leur temps de travail. Quelque 250 salariés ont saisi cette occasion de s’impliquer. Le cabinet de conseil a débloqué aussi 5 000 heures de travail pour le mécénat de compétences, en plus des 10 000 initialement prévues pour l’année. C’est ainsi qu’il a contribué, entre autres, à la naissance de la plateforme digitale Covid Écoute, pour aider les personnes en détresse psychologique. « Notre premier réflexe, avec le confinement, a été de nous dire qu’il fallait réussir à poursuivre à distance les missions déjà engagées auprès des associations. Mais, très vite, dans le sillage de la Réserve civique lancée par le gouvernement, il est devenu évident qu’il fallait aussi proposer des choses nouvelles », se souvient Adélaïde de Tourtier Audras, responsable de la RSE chez PwC France et Maghreb. À la Fondation Vinci aussi, le confinement a agi comme un accélérateur. Le projet de plateforme - pour mettre en relation associations en quête de bras (ou de cerveaux) et collaborateurs prêts à s’investir - dormait dans les cartons. « En deux semaines, grâce au soutien de la direction du groupe, elle était lancée. Très vite, 270 personnes sont passées à l’action », se réjouit Orphelia Duval, la responsable du projet. Ces deux entreprises ne sont pas des cas isolés. « Nous avons vu beaucoup d’entreprises venir vers nous, et leurs dirigeants s’impliquer beaucoup plus. Souvent, ils y pensaient déjà avant, mais le confinement les a persuadés de fran-

Un atout pour les RH La plateforme Wenabi a vu, elle, le nombre de missions réalisées par les collaborateurs pendant le confinement bondir de 400 %. Le nombre d’heures solidaires réalisées ainsi a été multiplié par huit par rapport à la même période de 2018. « Un fort sentiment de solidarité s’est réveillé, les collaborateurs se demandaient ce que faisait leur entreprise, constate Emmanuel Bentejac, le fondateur de Wenabi. Beaucoup, en chômage partiel, qui ne pouvaient pas faire du mécénat de compétences sur leur temps de travail, ont fait du bénévolat. » Un épiphénomène, qui durera ce que durera le Covid-19 ? « Depuis plusieurs années déjà, le mécénat de compétences se développe : le nombre d’entreprises qui le pratiquent augmente et le nombre d’heures de travail qui lui sont consacrées aussi », relève Léo Gaudin, directeur du développement d’Admical. Malgré tout, depuis la rentrée, les entreprises se recentrent sur le business. « Mais très peu reviennent sur ce qu’elles ont mis en place », tempère Léo Gaudin. « L’attente des collaborateurs sur l’engagement est encore plus forte qu’avant. » À l’heure où il est de bon ton de se soucier de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le mécénat de compétences est un atout maître. « Il permet aussi de fédérer les équipes, et contribue au bien-être au travail », sou-

LES COLLECTIVITÉS LOCALES VEULENT AUSSI MOBILISER LES CITOYENS

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Les entreprises ne sont pas les seules à vouloir aider les Français à s’impliquer dans la vie associative. Les collectivités locales, elles aussi, ont commencé à lancer des plateformes grâce auxquelles les citoyens peuvent postuler pour répondre aux besoins des associations locales. Celles-ci y indiquent les jours et les heures pendant lesquelles elles ont besoin de bras et pour quelles actions. Libre à chaque volontaire de s’inscrire pour les rejoindre. « La première plateforme a été lancée par la ville de Paris dès 2015 », explique Sophie Hivert, la directrice de Hacktiv, une association créée en 2014 qui fournit, en marque blanche, les plateformes en question. Au total, une quinzaine de grandes villes ou de départements (Bordeaux, Lille, Nice…) ont déjà opté pour cette solution. Depuis cinq ans, quelque

50 000 mises en relation ont été faites. « On a observé pendant le confinement un boom des inscriptions de citoyens qui proposaient leur soutien », poursuit Sophie Hivert. « Mais, en face, les besoins des associations n’étaient pas plus importants que d’habitude. Nous avons donc lancé des plateformes d’entraide directement entre particuliers, pour ce qui pouvait se faire à distance : soutien scolaire, aide informatique… », poursuit la directrice de Hacktiv. La start-up de la civictech entend en effet élargir son champ d’action. Désormais, elle réfléchit avec les collectivités locales aux multiples façons de mieux susciter et gérer l’engagement citoyen (budget participatif, mécénat de compétences…). A. B.

ANDREY POPOV - STOCK.ADOBE.COM

E

ANNE BODESCOT

chir le pas », constate Jean-Michel Pasquier, fondateur de Koeo, la pionnière (2009) de ces plateformes de mécénat de compétences qui se sont multipliées ces dernières années. En deux mois et demi, Koeo a mobilisé, au profit des 3 300 associations qu’elle aide, quelque 800 jours de travail. Soit trois à quatre fois plus qu’en rythme de croisière, et pour des besoins très éclectiques : préparer ou distribuer des repas, faire à distance du soutien scolaire, de l’écoute téléphonique pour garder le lien avec les personnes âgées, aider des associations à mettre en place une bonne gestion des données, à refaire leur site web, à construire une stratégie de communication…

À l’heure où il est de bon ton de se soucier de la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), le mécénat de compétences est un atout maître.

ligne Léo Gaudin. Il peut même aider à s’attacher de jeunes talents. « À salaire égal, certaines jeunes recrues nous ont choisis justement pour notre mécénat d’entreprise, auprès d’Espérance Banlieues, par exemple, ou pour

des missions ponctuelles, comme repeindre des locaux pour les Restos du cœur », raconte Marie Saltiel, associée chez Amplegest, une société de gestion financière. Mais du côté des collaborateurs, avec la rentrée et le retour des

journées chargées, la disponibilité semble un peu moins forte. Dommage car les associations ont besoin de bras. Leurs bénévoles, souvent seniors, obligés à la prudence par le virus, sont moins présents… ■

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Réalisation : Agence Pschhh - Crédit photo : © Getty Images / Photographe : skynesher.

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